lundi 4 février 2019

Milo Manara - le maître


J'étais à Angoulême, au festival BD 2019, et j'ai eu envie de vous parler de la fascinante exposition dédiée à Milo Manara dont je suis une grande fan. Deux aspects de son travail m'émerveillent particulièrement et j’ai pu les explorer de près grâce à cette rétrospective.






La première c’est la qualité de son dessin. Intéressant la façon dont il a pu s’exercer plusieurs années à ciseler son art dans les fumetti où on exigeait de lui 120 pages tous les 15 jours (sigh !). Sûr que ça forge le trait.




On y comprend aussi l’évolution de son dessin, la façon dont il imitait les techniques de Moebius jusqu’à ce que Hugo Pratt l’encourage à développer son propre style.





Mais ce qui vous importe surtout sur ce blog, c’est l’érotisme, alors poussons le rideau rouge qui délimitait l’enfer de l’exposition et entrons dans le vif du sujet.


Ici aussi on peut admirer l'évolution du travail de l'artiste, passant des aplats noirs à la ligne claire qu'on lui connait.






Le deuxième aspect qui m’impressionne chez Manara c’est la façon qu’il a de deviner nos fantasmes et de les mettre en scène. Qui n’a jamais rêvé de posséder le boîtier magique du déclic ou de se comporter n’importe comment sous le prétexte de son emprise ?



Des fesses et des seins, tout le monde peut en dessiner avec plus ou moins de talent, mais pour la montée du désir des personnages, on ne peut qu’admirer la dextérité du maestro. Je regrette à ce sujet l’absence de ma planche préférée à l’exposition, à savoir la dernière page du déclic tome 1. Du coup, je vous la mets ici.




Et qui n’a jamais rêvé de posséder la peinture invisible du parfum avec toutes les facéties qu’elle permet ? L’imagination de Manara est sans limites et la présence de cet homme invisible nous offre des scènes torrides sous un jour inédit. 



Voyez par exemple la couverture choisie pour cette anthologie de la fellation, très explicite, mais qui résiste à l’épreuve de la censure. N’est-ce pas délicieux ? Je serais curieuse de savoir ce qu'en pensent nos amis les robots de Facebook et Amazon.




Cette expo montre comment Manara s’y prend pour jouer avec nos envies, moi je crois que le boîtier du déclic, en fait, c’est lui qui le détient.





Bien sûr, l’art de Milo Manara ne se réduit pas à l’érotisme, si vous voulez en voir plus, je vous conseille l’article de BoDoï , plus complet que le mien, (BoDoï est un excellent magazine pour les fans de BD), où vous pourrez contempler d’autres planches "tout public" sur les différents aspects du travail du maître.

Et pour plonger avec bonheur dans l'univers érotique de Manara , voici une petite sélection de BD.



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